Choisir sa vie.

Contre vents et marées.

Lorsque j’ai choisi de devenir vigneronne mon entourage me regardait avec un air dubitatif.

Dans le discours de ceux qui osaient me faire des réflexions, toujours les mêmes remarques :

  • Une femme dans un monde exclusivement masculin à cette époque là
  • Trop petite : 1,54 m
  • Trop menue : 48 kg
  • Aucune expérience ni diplôme : totalement autodidacte
  • Comment vas-tu réussir à diriger et te faire respecter des hommes en tant que patronne ?
  • L’endurance physique et morale

J’en oublie certainement.

Ensuite…

Lorsque j’ai commencé la broderie au crochet de Lunéville et que j’ai dit que ce serait ma reconversion, les plus pessimistes ont souri, d’autres ont envoyé une salve de remarques sympathiques et bienveillantes :

  • Toi qui est si nerveuse comment fais-tu pour travailler des matières si petites et délicates ?
  • Artiste, ce n’est pas un métier
  • Pourquoi entreprendre un projet pareil à ton âge ? Et, en plus, tu investis beaucoup d’argent
  • Tu n’as pas peur de te lancer dans une aventure dont tu ne connais aucun code ? Qui plus est sans pouvoir te déplacer ?

Et finalement…

Je pense que la meilleure réponse aux questions concernant ma vie de vigneronne a été la réaction d’un viticulteur lorsque j’ai annoncé, en juin 2013, au conseil d’administration de la cave Les Vignerons de Trémoine, que ce serait mes dernières vendanges : « je n’aurai jamais pensé que tu puisses arrêter, pas toi ».

Ça n’a pas été simple tous les jours ; oui ce métier est ingrat et les cadeaux rares mais il m’a apporté tellement de rencontres, d’expériences, d’opportunités et il m’a obligé à dépasser bien des limites que je pensais inébranlables.

Et puis, lorsqu’on a la foi, on peut déplacer des montagnes.

Quant à ma reconversion dans la broderie haute couture j’aimerai dire qu’il n’y a pas d’âge pour entreprendre, que l’envie de créer donne des ailes, que se projeter dans un nouveau défi est excitant.

Parce que j’apprend tous les jours quelque chose de nouveau, que lancer un site Internet en ligne m’a permis de découvrir un monde passionnant, que cela m’oblige à sortir de ma zone de confort, que l’art textile est un univers infini  qui ouvre l’esprit et la curiosité.

Quant à savoir si cela va marcher, seul l’avenir le dira.

Ce qui est sûr c’est qu’une personne en marche va toujours plus loin qu’une personne assise. J’ai un peu édulcoré la formule je vous l’accorde…

La vie est belle et trop courte pour passer à côté !

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